Catégorie

Collaboratrices

dans Activités & Voyages, Articles, Collaboratrices, Je vous jase!, Opinions, Tous les articles, Trucs & Astuces

Voyager seule, à l’autre bout du monde.

J’ai commencé graduellement à voyager seule en passant quelques jours dans un pays où je savais que j’y connaissais des gens. Rapidement, j’ai compris que ce serait l’une des plus belles expériences de ma vie ! 

 

Rapidement, j’ai eu la piqûre et j’ai décidé de recommencer l’été dernier dans des pays faciles (je dis « faciles» sans jugement, mais c’était plus facile pour les déplacements, la langue et selon mes standards personnels). C’est suite à ce voyage que j’ai décidé que je ne me mettrais plus aucune barrière pour voyager seule. C’est un peu comme ça que je me suis, out of the blue, a réservé un billet pour la Chine en 2019. Un mois. Seule. La Chine. Littéralement l’autre bout du monde (!!!) Oui. J’achète toujours mes billets d’avion sur des coups de tête, mais celui-là était un peu plus spontané que les autres. C’est vraiment par après que j’ai commencé à me poser la question à savoir si c’était une bonne idée, surtout quand mon entourage remettait en doute ma spontanéité, mais il n’était plus question de changer d’avis. 

Au cours de mon voyage, j’ai beaucoup réfléchi à ce qui m’amenait à voyager seule. On m’a demandé si c’était pour fuir quelque chose. Passer la période des fêtes sur un autre continent, mais pourquoi ? J’ai réalisé qu’au contact des gens, je devenais une meilleure personne. Tellement cliché, je sais. Je deviens plus patiente. Plus ouverte aux différences (je te le jure qu’il faut être ouverte d’esprit quand tu voyages en Chine). J’apprends à marcher le regard en avant et dire bonjour aux passants. J’apprends à aborder d’autres touristes, à me faire des amis à partir d’un simple « Where are you from? ». J’apprends aussi à lâcher prise. Si mon plan ne fonctionne pas, j’en suis la seule affectée, c’est loin d’être la fin du monde ! Je suis plus encline à dire oui. Oui à des expériences nouvelles, oui à des choses qui me font sortir de ma zone de confort, oui aux gens, oui, oui et oui ! Voyager seule peut certainement être synonyme de stress par moment, mais c’est un moment où tu apprends beaucoup sur ta personne, sur ta capacité d’adaptation et c’est une expérience qui sera mémorable c’est certain. 

Lors de ce dernier voyage, j’ai beaucoup appris sur moi encore une fois, mais également sur un pays sous-estimé. La Chine regorge de visites culturelles, de paysages, de grandes villes, de musées, etc. C’est un très grand pays relativement facile à visiter malgré la barrière de la langue. C’est sans aucun doute très différent de notre réalité et de notre quotidien, mais ô combien enrichissant ! 

Ce voyage aura été magnifique ; ponctué de rencontres inoubliables, de paysages à couper le souffle, de repas étranges et inconnus et de découvertes. J’ai vu énormément de choses qui m’ont choquées, bouleversées, fait rire, donné le haut de cœur, c’est une expérience en soi et c’est ce qui fait qu’un voyage dans ce pays est aussi beau.

Mon dernier billet écrit ici était sur l’environnement, c’est donc sans grande surprise que j’allais en glisser un mot. J’ai été extrêmement surprise par certaines pratiques en Chine. L’utilisation du plastique à usage unique était étonnant et frappant dans certains cas. Je tiens à souligner que je suis consciente de mon privilège et qu’en mentionnant ceci, je pose un regard occidental sur la situation. J’ai dû faire preuve d’un énorme lâcher-prise quant à ma conscience environnementale (très difficile de faire comprendre que tu ne veux pas de ti-sacs quand tu ne parles pas la langue) et je crois sincèrement qu’un voyage de ce type met en perspectives quelques notions déjà acquises pour nous. Voici deux images de choses qui m’ont particulièrement ébranlées. 

 

Bref, je vous souhaite à tous de sortir de votre zone de confort, de voyager seul(e) et surtout de faire des voyages dépaysants.

dans Articles, Collaboratrices, Tous les articles

Parlons de vagin défectueux

J’ai toujours été très à l’aise de parler de sexe. Pas de tabou dans ma famille quand j’ai grandi, quoi qu’on n’en jasait pas autour d’une lasagne en poussant des blagues salaces. Mais pas de stress, pas de jugement. J’ai des parents (encore) très cool. Pour moi, le sexe et la virginité n’avaient rien de mythique ou de sacré comme dans les films d’Hilary Duff. Ça arrivera quand ça arrivera.

Lire la suite

dans Articles, Collaboratrices, Opinions, Tous les articles

La chute – Partie 3

Nous étions enfermés à l’hôpital depuis le diagnostic de Clara. Ça faisait maintenant plus de trois semaines. Une fois le cancer identifié, nous avons pu commencer ses traitements. Le fil des événements, à partir de ce moment, est plutôt flou.  Mes souvenirs s’entremêlent et j’ai surtout des flashbacks en tête. Je vois des médecins qui auscultent Clara. J’entends ses cris. Je me revois la tenir immobile sur son lit pendant qu’une infirmière la pique. Deux fois par jour, chaque jour. Je me souviens aussi cette fois où j’ai dû apprendre à la piquer moi-même. Puis les centaines d’autres fois qui ont suivi. Et ses pleurs. Ses pleurs enragés où j’entendais toute son incompréhension et sa colère.

Lire la suite

dans Articles, Collaboratrices, Tous les articles

Il y a deux ans

J’avais envie d’écrire sur le chemin parcouru depuis la naissance de ma fille. Du chemin que j’ai dû faire dans ma tête afin de me sentir mieux. Des larmes et de la peur qui m’a habité pendant des mois suite à son arrivée. Du travail que j’ai dû faire sur moi afin de les laisser partir, afin de laisser place au beau. Et là, je me suis dit « pourquoi tu ne vas pas jeter un coup d’oeil à tes anciens textes pour voir »…

Lire la suite

dans Articles, Collaboratrices, Tous les articles

La chute – Partie 2

En sortant du bureau de la radiologiste ce jour-là, je me rappelle avoir parcouru le chemin jusqu’à la chambre d’hôpital de Clara difficilement. Chaque pas, chaque respiration, me demandaient un effort de plus en plus grand. Arrivée à sa chambre, j’ai regardé par l’immense fenêtre qui donnait sur la rue. Des dizaines de gens attendaient l’autobus sous le soleil de fin journée. Je les observais et je ne comprenais pas. Comment pouvaient-ils continuer à vivre comme si de rien était? Pourquoi est-ce que leur monde semblait tourner encore alors que le mien était complètement figé? Plus la soirée avançait, plus je sentais monter en moi une panique incontrôlable. Ce soir-là, c’est finalement moi que nous avons dû amener à l’urgence. Pour la première fois de ma vie, j’ai levé la main et j’ai demandé qu’on me donne quelque chose. Un médicament, n’importe quoi, pour que ça se calme. Pour que tout ça se calme.

Mon chum et moi avons eu la permission cette nuit-là de dormir les deux auprès d’elle. Je dis dormir pour la forme, puisqu’évidemment, il y a eu très peu de sommeil. Je me souviens de mon téléphone qui nous éclairait chaque minute, au rythme des messages textes qui rentraient. La nouvelle se répandait: la fille de Clo avait le cancer.

Le lendemain, un nouveau pédiatre est venu nous voir. Il nous a pris hors de la chambre. Il a commencé par nous dire qu’il avait lui aussi un jeune enfant du même âge que Clara et que tout ça le touchait beaucoup. J’étais profondément agacée par tous ces gestes d’empathie. C’était plus fort que moi. Je ne voulais pas de compassion, je voulais un plan d’action. Et alors que rien n’allait assez vite à mon goût, la deuxième mauvaise nouvelle, et peut-être même la pire, est difficilement sortie de la bouche du pédiatre; Clara avait les deux poumons remplis de métastases. Ce n’était pas bon. Pas bon du tout.

Quelques heures plus tard, j’ai finalement réussi à m’assoupir. Je me suis réveillée en sursaut lorsque celui qui allait devenir l’oncologue de Clara a pénétré dans la chambre. Il a expliqué qu’avec ce qu’il avait vu sur les imageries, il hésitait entre cinq types de cancers pour le diagnostic précis de Clara. Seule une biopsie allait donc nous révéler lequel exactement Clara avait pigé à la loterie noire du cancer pédiatrique. Malgré tout, pour la première fois en 24h, j’ai enfin pu reprendre mon souffle. Il avait prononcé le mot que j’attendais: traitement. Calmement, il nous a expliqué que peu importe le type de cancer, il y aurait un traitement. Un traitement qu’on espèrerait curatif, mais sans aucune garantie de réussite, bien évidemment. Ça aurait été trop facile autrement. Il nous a aussi expliqué que le pronostic ne serait peut-être pas des plus favorables, mais que peu importe, à partir de maintenant, on devait se préparer pour la guerre. La vraie.

dans Articles, Collaboratrices, Inspirations, Je vous jase!, Tous les articles

La Chute

Dans une série de textes, je raconterai pour la première fois les détails de notre histoire. À l’âge de 19 mois, ma fille Clara a été diagnostiquée d’un cancer agressif de stade 4.

Juillet 2017- Les vacances avaient été douces. Nous avions passé les derniers jours à Gaspé, dans ma famille. Entre la plage, l’eau salée et les soupers de fruits de mer, nous savourions, à notre insu, nos deniers moments d’insouciance. Tôt le samedi matin, nous avons repris la route vers Québec le coeur rempli de souvenirs et les poches débordantes de coquillages. Jeanne, alors âgée de 3 ans et Clara, de 19 mois, n’avaient pas bronché du trajet. En arrivant à la maison en fin de journée, Pier-Yves, mon amoureux, a changé la couche de Clara. Surprenament, il a remarqué que sa jambe droite était enflée. Le lendemain matin, comme sa jambe n’avait toujours pas retrouvé sa taille habituelle, nous avons pris la direction de l’urgence pour avoir l’esprit tranquille. De nature plutôt anxieuse, cette fois-ci, étrangement, je ne l’étais pas. J’avais confiance que nous ressortirions de l’hôpital quelques heures plus tard, rassurés. Malheureusement, la suite a été toute autre. 

L’urgentologue qui a ausculté Clara l’a rapidement envoyée passer quelques tests. Au retour, elle nous a posé une foule de questions sur les dernières semaines. Au bout du questionnaire, elle nous a dit préférer relayer le dossier à sa collègue pédiatre. C’est avec l’arrivée de cette dernière que l’innocence a tranquillement fait place à l’angoisse. J’ai soudainement remarqué des regards s’échanger entre le personnel. Instinctivement, je sentais que quelque chose clochait. Évidemment, je n’avais encore aucune idée de l’ampleur de la situation. La pédiatre a tout de suite examiné le ventre de Clara. Froidement, elle nous a dit sentir une masse. Une masse importante. En une fraction de seconde, ma gorge s’est nouée. Paniquée et sur le coup de l’émotion, je lui ai demandé ce que c’était. Elle m’a répondu que ses yeux n’étaient pas des rayons X. J’ai ravalé ma question en même temps que mes larmes. J’ai pris une grande respiration et j’ai demandé si une masse, chez un bébé de 19 mois, pouvait être bénigne. C’est alors qu’elle m’a répondu, du tac au tac, « oui, mais ça peut surtout être malin. » Et c’est là. C’est à ce moment précis, dans un cubicule blanc de l’urgence, que j’ai perdu pied. Commençait alors la plus longue et douloureuse chute de toute ma vie.

Les minutes, peut-être même les heures, qui ont suivi, ont été interminables. Je me souviens de Pier-Yves, mon éternel optimiste, qui me répétait de ne pas paniquer. Je me souviens de ma mère, qui est venue nous porter un lunch que nous n’avons finalement jamais avalé. Je repense aussi à l’infirmier, que j’ai entendu murmurer à sa collègue « nous aurions dû y penser… » En fin d’après-midi, on nous a finalement amenés faire une échographie abdominale. Clara était épuisée. Elle hurlait. Maintenant, nous savons qu’elle pleurait fort probablement de fatigue, mais surtout de douleur. Sans le savoir, son état se dégradait. À son arrivée, la radiologiste nous a dit que nous étions ses derniers patients de la journée et qu’elle prendrait tout le temps nécessaire. Dès qu’elle a fermé les lumières, Clara est tombée endormie sur la table d’examen. Épuisée. Vidée. Pendant de longues minutes, j’ai observé, la boule au ventre, la médecin examiner son petit corps. À un certain moment, j’ai remarqué qu’elle dirigeait sa sonde vers les poumons de Clara. Pour une seconde fois en moins de quelques heures, mon cœur s’est serré. Les poumons? Pourquoi les poumons? On m’avait pourtant seulement parlé d’une masse au ventre. Cette fois-ci, je n’ai posé aucune question. J’avais déjà tout compris, de toute façon. Lorsqu’elle a eu terminé, elle s’est approchée de moi. Seules les consoles médicales nous éclairaient. Doucement, elle m’a pris les mains et a plongé ses yeux noirs dans les miens. Au fond de moi, j’aurais voulu qu’elle ne parle jamais. J’aurais voulu que ce moment devienne éternité pour ne jamais l’entendre prononcer l’imprononçable. Mais les mots tant redoutés sont finalement sortis de sa bouche. « J’ai vu la masse au ventre. Elle mesure 7 cm. C’est très gros, malheureusement. C’est ce qui a causé une phlébite dans la jambe droite de Clara. » Elle a pris une grande respiration et a continué « Il faudra faire une biopsie pour déterminer la nature exacte de la masse. Mais à l’œil, je peux déjà vous confirmer que c’est malin. Clara a un cancer. » Et dans la noirceur de cette petite salle, les larmes ont roulé sur mes joues en silence. J’ai senti ses mains serrer les miennes et j’ai vu ses yeux s’embuer à son tour. Elle n’a pas parlé des poumons. C’était assez pour aujourd’hui. Nos cœurs étaient saturés. 

dans Articles, Collaboratrices, Décoration, Inspirations, Tous les articles, Trucs & Astuces

Mode d’emploi pour un Noël Zéro déchet

À la maison cette année c’est Noël zéro déchet! Je me suis lancé un défi de taille pour cette période de l’année où les journées raccourcissent et le temps semble toujours nous manquer. Et quel défi: faire moi-même mes cadeaux de Noël.

Le challenge est de taille puisque j’ai quelques contraintes: les cadeaux doivent tous tenir dans une valise (je repars voir ma famille en France chaque année), plaire à un public varié allant de 3 à… 90 ans et surtout faire sensation pour qu’ils ne soient pas relégués au tiroir dès la fin du bye-bye!

Voici donc mes idées cadeaux faits-maison et dans un esprit minimaliste et (le plus) zéro déchet possible. Je vous livre trois recettes avec comme base le même ingrédient: la cire!

On parle ici de cire d’abeille (animale) ou encore de soya ou de candela (végétales), elles se trouvent maintenant dans la plupart des épiceries bio au Québec et sont aussi disponibles en ligne.

Avec ses idées-cadeaux, vous allez faire plaisir autant au petit neveu de tout juste trois ans qu’à votre vieille tante qui a déjà tout chez elle! Allez, on se retrousse les manches! Et n’oubliez pas que l’essentiel c’est le temps que l’on passe avec les gens que l’on aime donc si vos cadeaux ne sont pas parfaits, offrez-les quand même ils sont faits avec amour. Vive Noël!

Emballages réutilisables en cire d’abeille

  • 50g de cire d’abeille
  • Carrés de coton de tailles différentes
  • Papier parchemin

Placer une feuille de parchemin, le coton recouvert de cire d’abeille râpée ou en pastilles réparties équitablement et recouvrir d’une deuxième feuille de parchemin. Poser votre fer à repasser (position synthétique) sur le parchemin pour faire fondre la cire.

Crayons multicolores en cire d’abeille (donne environ 6 crayons dans un moule à glaçons)

  • 20g cire abeille (ou candela version végane)
  • 20g savon rapé
  • Colorants alimentaires ou crayons de cire brisée

Faire fondre la cire et le savon, mettre le colorant dans chacun des moules, verser le mélange fondu et attendre que les crayons durcissent (plus facile à démouler avec un moule en silicone).

Bougie parfumée en cire de soya (pour une petite bougie)

  • 60g de cire de soya
  • Un pot en verre (style pot de yogourt) ou encore une belle tasse vintage du village des valeurs
  • Une mèche à bougie avec socle en métal
  • Huile essentielle ou essence aromatique (pour les HE le point de fusion est indiqué sur l’emballage il doit être supérieur à 65 degrés Celsius)

Faire fondre la cire à feu doux dans une casserole, mettre 3 gouttes d’HE maximum, coller la mèche au fond du pot avec un peu de cire chaude, faire couler la cire dans le pot et maintenir la mèche au centre avec une pince à linge posée en travers.

Crédit photo de couverture: @country.witch
dans Articles, Collaboratrices, Coups de coeur, Inspirations, Je vous jase!, Mode, Tous les articles

Faire la rencontre d’un homme glamour au McCord

Cette semaine, c’est avec euphorie (oui, euphorie – et je pèse mes mots) que j’ai eu l’occasion de faire quelque chose qu’à mon grand regret, je n’avais pas fait depuis longtemps et si vous saviez comme ça m’a fait du bien; je suis allée au Musée. Les expositions, c’est une histoire d’amour familiale. Depuis mon plus jeune âge, on m’a inculqué l’importance des activités culturelles, notamment des visites de Musée. Et ce retour, je l’ai fait tout en douceur. Je vous explique:

De octobre 2019 à avril 2020, le Musée McCord (au centre-ville de Montréal), en collaboration avec le Musée de la civilisation, accueille entre ses murs les créations et les inspirations du grand créateur québécois Jean-Claude Poitras. Le saviez-vous? Il n’y a pas que les Donatella Versace, et les Phoebe Philo de ce monde dans l’industrie, il y a aussi les Jean-Claude Poitras, figure emblématique du prêt-à-porter québécois et canadien, qui a su mettre sa touche dans l’industrie de la mode internationale grâce à son imaginaire et à ses rêveries. 

Soyons honnêtes, pour ma part, je ne le connaissais pas jusqu’alors, mais cette exposition a fait en sorte que je le compte parmi ces personnes inspirantes qui mettent un point d’honneur à vivre la vie comme si elle était un art. « Make your life a work of art » monsieur Poitras? Certainement.

Pourquoi une reprise en douceur? Parce qu’il s’agit d’une petite exposition, toute en légèreté, présentée via plusieurs médias. Donc non, pas besoin de bloquer un après-midi complet pour y faire un tour. L’exposition se calle facilement entre une session de shopping de Noël et le petit café de 4h00. 

Ce qui est étonnant avec ce grand amoureux et son oeuvre, c’est qu’il était déjà à l’époque très avant-gardiste. Comme il est mentionné dans l’exposition, ses collections étaient basées sur ses expériences de vie marquantes, mais pas que cela! « Ses voyages? » Aussi! Et en grandes parties même, mais ce qui a beaucoup nourrit sa démarche artistique ce sont ses muses. Ce jeune homme de Cartierville, dès son adolescence était un rêveur et un homme de demain. Il a allié sa passion de la mode et des tissus au 7e art. Son univers créatif s’est mis à tourner autour d’actrices telles que Marilyn Monroe, Grace Kelly et bien d’autres. Il a été charmé et inspiré par les tenues de soirées hollywoodiennes et le charisme de ces femmes. À travers le style androgyne quoique sensuel de ces pièces, qui le distinguait déjà à l’époque, il a tenté de mettre en avant scène le pouvoir des femmes. Il a cherché à rendre hommage à leur force, au « chien » qu’elles dégageaient, à leur panache, en les présentant que des femmes fatales. Il a d’ailleurs eu l’occasion de travailler avec plusieurs grands noms du cinéma et certaines de ses muses sont devenues des amies intimes ainsi que des ambassadrices de sa ligne. 

Bien évidemment, sa démarche a traversé des époques et a été teintée par son vécu, suite à ses formations en mode dans les écoles montréalaises. Vous avez encore 6 mois pour passer saluer son travail ou simplement pour le découvrir!

Je ne vous en dis pas plus, à vous de voir!

30 ans de carrière ça se fête M. Poitras! 

Crédit photo de couverture: @evitastyle
dans Activités & Voyages, Collaboratrices, Coups de coeur, Inspirations, Je vous jase!, Opinions, Tous les articles

Enfant roi de Rosalie Vaillancourt : Un vrai (Conte) hilarant.

Le 13 novembre dernier, plusieurs médias et amoureux de la jeune humoriste étaient présents, à la Place des Arts, pour la grande première de son spectacle solo : Enfant roi. Sous le thème d’un conte de Disney version 2019 avec plusieurs sujets intangibles et épisodes sans filtre, le spectacle est un pur plaisir rempli de moments crus et définitivement 13 ans et plus. Clairement pas le genre de cadeau qu’on donne à notre ado de 13-14 ans mais si vous êtes adeptes de blagues grivoises et premier degré vous serez, pendant plus de 75 minutes, plus que satisfaits. 

Le spectacle commence par une vidéo d’animation mettant en vedette la belle Rosalie sous le rôle de la princesse vivant dans un château surprotégé par ses parents, belle analogie venant directement de sa relation familiale. Durant cette vidéo une méchante sorcière lui jette un sort et pour rompre celui-ci elle devra convaincre le public qu’elle est une bonne personne pour ne pas être transformée en tas de ( Merde ). Une fleur illuminée se retrouve sur la scène et lorsqu’elle prouve qu’elle a fait un bon geste un pétale s’allume et au moment où celle-ci sera complétée le sort sera levé.  Tout en gardant ce but bien précis, la ligne directrice de son spectacle repose sur pleins d’anecdotes de vie toutes aussi farfelues et vulgaires les unes que les autres. 

Arrivant sur scène avec un look très (Girly) prête pour un concours de beauté, elle parle de façon complètement obscène les plus grands sujets tabous de notre société: La sexualité de fond en comble sans censure et limite, les différences corporelles, l’appropriation culturelle, le regard des hommes sur les femmes en exposant des messages complètement inappropriés qu’elle a elle même reçu. 27 ans et elle a le courage de s’exposer sur scène, absolument vulnérable, pour dénoncer une société encore trop fermée et misogyne sur plusieurs niveaux à travers un amas de blagues ( stupides et grossières ) mais plus qu’adorées du public. Moi personnellement je l’admire et je souhaite plus de Rosalie Vaillancourt au Québec. Une femme assumée, entière et consciente de l’importance de sa notoriété pour faire passer un message à l’aide d’un spectacle captivant du début à la fin. Rire mais rire, autant de sa voix stridente et trop impubère pour son âge, que de ses comportements douteux en société. 

Se remerciant elle même à la fin d’avoir été sa propre influence d’humour féminine nous fait clairement réaliser que ce créneau manque de femmes. Si vous voulez vous payer un bon moment d’humour, elle est la personne à aller voir. Des rires, des réalisations, des blagues crues et beaucoup trop de fois le mot ( Penis ). 

dans Articles, Collaboratrices, Coups de gueule, Inspirations, Je vous jase!, Opinions, Tous les articles

Porter le poids du monde sur ses épaules

Je souffre de troubles anxieux généralisés et d’attaques de panique depuis plusieurs années. Depuis un âge où tu t’imagines que les enfants sont heureux et n’ont aucun souci. Moi, ce n’était pas mon cas. L’anxiété de séparation que j’avais vers l’âge de 10 ans laisse maintenant place à l’anxiété généralisée qui paralyse parfois mon petit être tout entier.

Aujourd’hui, j’accepte de plus en plus la maladie invisible qui a fait son nid dans ma tête et qui a choisi mon corps comme maison. Il n’y a pas de recette miracle pour que notre société accepte et perçoive la maladie mentale comme une réelle maladie et pour que les gens qui en souffrent se sentent un petit peu mieux. Ce n’est pas en agitant une baguette magique, qu’on sensibilisera les jeunes, les moins jeunes et l’ensemble de la société à l’importance de la prévention et de l’acceptation des maladies mentales.

 

Alors maintenant, j’utilise toute mon imagination afin de t’illustrer la réalité des gens qui vivent avec un petit monstre comme le mien au quotidien (à noter que les maladies mentales se traduisent d’un million de façons et qu’elles affectent les gens à différents niveaux, différents degrés et de différentes manières) :

 

Certains jours, je me lève d’une bonne nuit de sommeil et j’ai l’impression que je dormirais toute la journée encore. J’ai l’impression de porter le poids du monde sur mes épaules. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre «me semble que tu dors tout le temps » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Y’a des jours où je reproche toute sorte de petits détails à mon entourage et que je ne m’en rends même pas compte. Je projette sur eux tout l’inconfort que je vis intérieurement. Je dirais que c’est l’aspect qui me fait le plus de peine dans mon trouble, de faire vivre mes mauvaises journées à mes proches, qui eux, n’ont absolument rien demandé. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Parfois, j’entre dans une salle dans laquelle il y a quelques personnes et je m’imagine tous les pires scénarios qui pourraient m’arriver. J’ai soudainement des sueurs froides qui me coulent sur le visage et j’ai envie de me faufiler entre les lattes du plancher. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Y’a des nuits où je me réveille, le cœur qui pompe, qui bat la chamade, les jambes engourdies et à demi-consciente. Le petit monstre fait des siennes pour me rappeler qu’il est toujours là. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Je suis incapable de m’endormir, puisque je m’imagine des histoires et des scénarios qui n’arriveront probablement jamais, mais qui m’active et m’occupe le cerveau pendant plusieurs heures. Je suis consciente que c’est impossible, mais ça m’habite l’esprit quand même, malgré mes mille tentatives de les chasser. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

La plupart des petits incidents ou des petits évènements quotidiens sont amplifiés (positivement ou négativement, dépendant de leur nature). Je vis toutes mes émotions et mes sentiments à 100 mille à l’heure et c’est parfois très épuisant. Par exemple, si je ne suis pas 10-15 minutes en avance aux endroits où je suis attendue, cela devient une énorme source de stress pour moi, même si je sais fort bien que je ne serai pas en retard. Une mauvaise note à l’université me donne l’impression que je n’obtiendrai jamais mon bac et que je suis une mauvaise personne. Pourtant, je me tue quotidiennement à rappeler à mes élèves que les notes et les résultats académiques ne nous définissent pas et ne nous définiront jamais, qu’on vaut plus qu’un chiffre inscrit sur un bout de papier. Ironique n’est-ce pas ? Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

J’ai souvent des nausées, des chaleurs et des tremblements qui traduisent physiquement ma maladie invisible, pas si invisible que ça finalement. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Il n’est pas rare que j’aie des difficultés à me concentrer parce que mon cerveau est occupé à penser à des scénarios et des histoires qui n’auront jamais lieu. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Souvent, mon cœur s’emballe et je dois arrêter tout ce que je fais, car j’ai l’impression que je vais mourir. Pourtant ce symptôme est tout à fait normal et il s’appelle de la Tachycardie. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Ces symptômes caractérisent ma bibitte à moi, mais il en existe des milliers d’autres qui ne passeront pas avec des « c’est dans ta tête, arrête ».

 

Je le sais que c’est extrêmement difficile de comprendre une situation qu’on n’a jamais vécue. Par contre, un peu d’ouverture d’esprit et de compréhension, ça n’a jamais tué personne et ça aidera certainement les gens comme moi, comme toi et comme nous tous qui se battent quotidiennement avec le petit monstre qui tente d’avoir le dessus sur le bienêtre. Le saviez-vous, au Québec, 10 à 15% de la population en souffre et ça, ça fait beaucoup de monde.

 

Toutefois, il y a du positif aussi. En 10 ans, j’ai appris à transformer mes angoisses en un moteur qui me propulse et me donne le gout de me surpasser. J’ai le gout de me prouver que ce n’est pas l’anxiété qui m’arrêtera dans la vie. Ce n’est pas le cas de tous et c’est pourquoi il est important d’en parler, d’en parler et d’encore en parler.

 

D’ici-là, je vous demande de vous questionner, d’essayer de comprendre et de vous montrer disponibles, s’il vous plait. Vous ne savez pas à quel point ces petites actions, aussi simples soient-elles, peuvent faire une énorme différence.

Crédit photo de couverture: @the_file
Close