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Minimalisme, zéro déchet, parentalité simplifiée, etc.

Minimalisme, zéro déchet, parentalité simplifiée, désencombrement, éco-responsabilité, achat-seconde main et végétarisme, tous des mots qui résonnent en moi bien fort.

 

Tous des mots qui, à leur façon, me cause un peu d’anxiété. Parce que je n’y arrive pas. Et que je ne sais pas si j’y arriverai. Parce que c’est beaucoup tout ça. C’est peut-être trop en même temps? Trouvez-vous, vous aussi, que c’est beaucoup? Je ressentais le besoin de mettre ces mots sur papier afin de me rassurer, d’intellectualiser, de me dire que c’est pas grave. Parce que c’est un peu ce que l’on fait, on explique les choses et nos comportements afin de nous permettre de les poursuivre encore un peu plus longtemps, jusqu’à ce que l’incongruence entre nos pensées et nos actions soient trop grande à porter. Nous avons tous la compétence d’atteindre ces mots, ce qu’ils signifient, ce qu’ils prônent, mais nous ne sommes pas tous rendus à la même place dans leur application. Et j’aurais le goût de nous dire que c’est correct. Parce qu’un peu de tous ces mots-là mélangés vaut peut-être mieux qu’aucun d’entre eux. En choisir un et le faire super bien, est-ce mieux? En choisir deux ou trois et les faire «à peu près», est-ce que ça passe aussi? J’ignore quel est le meilleur choix. J’aurais tendance à dire «celui qui durera pour toi». Celui que tu débuteras et que tu continueras d’appliquer peu importe l’humeur de ta journée parce que tu n’y réfléchiras plus, parce que ce sera rendu comme ça. Tout simplement comme ça.

 

Mais tout ça, ça demande de l’effort. Un regard conscient sur soi, ses actions, son attitude. Et c’est pas toujours facile de faire ce travail là, de reconnaître que ce que l’on faisait avant ce n’était peut-être pas la bonne affaire finalement et que là pour la faire, la bonne affaire, il faudrait changer notre perspective des choses. Ça demande de la motivation, une grande conviction, une minimisation de l’impression de privation que notre cerveau nous laissera miroiter si on décide de les mettre en application.

 

Selon moi, la première étape, c’est la réflexion et c’est ce que je fais ici avec vous aujourd’hui. Je réfléchis à ce que je veux avoir dans ma vie. Je me laisse le temps de vraiment croire que je ne perdrai rien si je change mes habitudes. Surtout, j’essaie de ne pas me sentir coupable de penser que je pourrais perdre quelque chose. Nous avons été élevés avec certaines croyances qui a l’époque où elles nous ont été enseignées n’avaient pas été re-questionnées. Questionnons maintenant. Soyons indulgents.

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L’appel du Nord: Quoi y faire comme sports d’hiver?

Ahhh l’hiver… la saison qui n’est malheureusement pas aimée par tout le monde. Un jour, une sage personne m’a dit; ‘’Si tu n’aimes pas l’hiver, c’est que tu ne pratiques pas un sport ou une activité qui te le fait apprécier!’’ Quelques années plus tard, en y repensant, cette personne avait raison.

Ayant déménagée loin de Montréal, j’apprécie encore plus l’hiver (pas sur les routes pour me rendre au boulot, mais ça c’est un autre dossier!). Je voulais te partager une liste d’activités ou de sports hivernaux à faire en sortant de la grande métropole. Je ne vais pas réinventer la roue, mais je vais te proposer des endroits qui te sont peut-être méconnus!

Ski alpin/ planche à neige : Ces sports sont en croissance depuis des années. Que tu sois sur des skis ou sur une planche, l’important c’est que tu trouves le moyen d’avoir un sourire au visage toute la journée.

Dans les Laurentides, plusieurs montagnes te sont proposées. J’affectionne particulièrement Ski La Réserve à St-Donat (ma nouvelle terre d’habitation!). Une montagne qui peut à la fois donner des bons défis aux expérimentés (allô les descentes intenses de rochers!) et des superbes pistes damées et non damées pour les débutants et les intermédiaires. À environ 125 km de Montréal, cette montagne te charmera, j’en suis certaine. En plus, l’après-ski au petit bar est chaleureux et plaisant!

Une autre montagne à St-Donat (parce que oui, on est chanceux comme ça d’en avoir deux dans le même village!), le Mont Garceau. Une montagne à visiter durant les belles journées ensoleillées de l’hiver. Cette montagne t’offre une vue incroyable sur les montagnes et les lacs.

Raquette/Hiking: Restons à St-Donat. Plusieurs montagnes (il n’y a que ça des forêts dans ce village!) te sont accessibles pour aller faire de la raquette ou bien simplement des randonnés pédestres. Une d’entre elles, La Montagne noire, regorge de sentiers, des simples ou bien des plus difficiles. Je te recommande le Cap de la fée, tes jambes t’en voudront peut-être un peu, mais tes yeux te remercieront.

 

Ski de fond : Je dois vous avouer que j’avais beaucoup de préjugés (ouin…un peu trop) envers ce sport. L’hiver passé, j’ai décidé de les mettre de côté et d’aller essayer ça. J’ai mis ces petits skis et… je suis tombée en amour avec ce sport! C’est un sport à la fois doux et demandant (des petits muscles cachés sont demandés, vous en serez avertis!) J’avais très hâte de ressortir mes skis cette année. Une amie m’a fait découvrir un nouvel endroit dans les Laurentides; Le petit train du Nord à St-Adèle.  Moyennant la somme de 14$ pour payer l’accès, tu peux partir faire plusieurs (plusieurs !!!!) kilomètres dans ce parc linéaire. Ce que j’aime de cette piste, c’est qu’il y a peu, même très peu, de dénivelés. Alors, si tu commences et que tu n’es pas ‘’safe’’ sur tes skis, vas là. Ça va t’aider à apprécier cet incroyable sport.

 

Patinage : Quand j’étais petite, je me souviens que mon père m’avait amené à Sainte-Marguerite-Du-Lac-Masson pour aller patiner sur le fameux Lac Masson. C’est une énorme patinoire d’environ 3km. Ce qui est beau, c’est que tu peux y aller de jour et de soir, car elle est éclairée. À faire, en couple, entre amis ou bien avec la petite famille. Plaisir garanti !

 

L’hiver peut être terrible ou magique… C’est à toi de décider comment tu le perçois. J’ai choisi la façon magique et je peux te garantir que cette saison passe beaucoup plus vite en la voyant ainsi.

Crédit photo de couverture: @tourismemonttremblant

 

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La 2e grossesse.

Il y a eu;

« En voulez-vous un 2ième ?? »

« N’attendez pas trop longtemps là. »

« Il lui faut une petite sœur. »

« Des enfants uniques ça devient indigne. »

« Bah après en avoir eu un tu vas tomber enceinte super facilement. »

Et j’en passe.

Il n’y a rien que je n’ai pas entendu.

 

Que ce soit au travail, à la garderie ou même des étrangers qu’on rencontre en chemin et qui trouve que notre famille est si belle que nous devrions l’agrandir. Mais je crois que ce qui m’affecte le plus ce sont les amis et la famille. Ceux que l’on ne voit pas assez souvent ou dont nous ne sommes pas assez proche pour qu’ils soient pleinement au courant des circonstances. Les gens se font un plaisir de commenter sur le sujet…et sans réfléchir. Et moi qui n’ose pas les vexer… J’aimerais avoir le guts de leur répondre sans créer de malaise. Les brasser un peu. Leur faire comprendre que tout n’est pas si simple.

 

Je réalise que je fais moi aussi partie du problème. Être vulnérable dans cette situation et être ouverte à la discussion pourrait possiblement m’aider moi et la personne si curieuse d’être au fait de ma vie personnelle. Mais je reste toujours bouche-bée, je ne sais pas trop où commencer…m’exprimer et surtout comment en discuter sans me mettre à pleurer.

 

Presque 3 ans. Une dizaine de tests négatifs. Des pleurs. Des craintes. La sensation de ne pas être femme. Les comparaisons avec les gens qui nous entourent. Des remises en question.  Pouvons-nous survivre sans enfants ?! Quel genre de vie allons-nous vivre ?? Nous avons réalisé que notre amour suffisait.

 

Et à ce moment, mon mindset a changé. LET IT GO!!! J’ai simplement décroché.

 

Et le week-end de la fête des pères 2016 je me sentais vraiment épuisée. Sans raison. Sans le dire à mon conjoint. Ce dimanche matin-là, j’ai fait un test. OMG!!! OMG!!! Il est 4AM. Je suis restée dans la salle de bain 2 heures de temps à regarder le test sous tous les éclairages possibles! Et je n’en pouvais plus de cette l’attente. J’ai réveillé mon homme avec une des plus belles phrases: « Happy Father’s Day my love. »

 

Notre petit homme a maintenant 3 ans. Et depuis ces 6 mois, la commande pour le 2ème a été envoyée. Après 2 ans 1/2 d’essai, de honte de ne pas pouvoir en avoir un autre aussi facilement que certaines mamans. De répondre aux questions des curieux qui ne pensent pas qu’une simple question comme celle-ci peut rendre une personne si triste et que dire d’un seul test positif qui se termine malheureusement par une fausse couche, mais ça j’en jaserai peut-être un autre fois …

 

Je dis toujours c’est comme une pizza. You make the call, mais tu ne sais jamais vraiment quand ça arrive. J’espère un jour avoir la force d’en parler plus ouvertement, et pas uniquement que pour moi, mais pour toutes ces autres femmes aussi…

 

Crédit de photo de couverture: @emelinaah
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La Chute – Partie 4

Après plusieurs semaines hospitalisées, Clara a obtenu son premier congé d’hôpital. Toute une histoire séparait maintenant ce matin de juillet où elle avait quitté la maison avec une jambe enflée et cet après-midi du mois d’août où elle est revenue chez elle, son baluchon plein de médicaments. La chimio avait officiellement débuté et j’étais complètement dépassée par le flot d’information que je devais assimiler pour assurer les soins de Clara. Mon cerveau était saturé et chaque nouvelle information m’épuisait.

Dès son deuxième cycle de chimio, on a commencé à mieux comprendre dans quoi nous nous étions embarqués bien malgré nous. Sa formule sanguine a drastiquement chuté et Clara a commencé à recevoir, de façon presque quotidienne, des transfusion de sang et de plaquettes. C’est alors que nous avons découvert un nouveau pan du cancer. En effet, pour recevoir un cycle de chimio, le corps doit être assez fort. Les plaquettes et les neutrophiles doivent être assez élevées pour supporter la prochaine dose de ce poison salvateur. Certaines chimios, plus fortes que d’autres, ont pour conséquence de mettre le patient KO. Affaibli et sans défense, il devient alors à risque de contracter n’importe quelle infection et de ne pas avoir le système immunitaire assez fort pour se défendre.

C’était le cas de Clara. Pendant des semaines, elle s’est mise à enfiler les infections, les fièvres et les aller-retours à l’hôpital. Ses multiples hospitalisations et son état précaire retardaient l’administration de ses chimios. Sa formule sanguine n’était jamais assez haute, son corps avait de la difficulté à suivre la course. Je suis alors devenue complètement obsédée par ses rapports sanguins. J’avais besoin de tout suivre et de tout savoir pour essayer de prédire quand elle serait prête à recevoir un nouveau cycle de chimio. Je lui donnais des épinards à la pelletée; c’est bon pour les plaquettes.  Je lui faisais faire des siestes au grand air; ça aide les neutrophiles. Dr Google était mon ami le plus fidèle et j’étais prête à essayer tout ce qu’il me proposait. Malheureusement, les promesses virtuelles ne donnaient pas les résultats espérés et son plan de traitement prenait du retard.

Au fil des cycles de chimio reportés et des séjours imprévus à l’hôpital, l’été a tranquillement laissé place à l’automne. Je me rappelle avoir découvert, les yeux toujours un peu embués par les larmes, les arbres de ma cour rougir et le décor se métamorphoser. C’était notre premier automne dans notre nouvelle maison. Nous l’avions achetée deux mois avant le diagnostic de Clara et nous la rénovions depuis. Je n’arrivais pas à comprendre comment ce projet, celui de ma première maison, avait soudainement tourné au cauchemar. Je regardais souvent les feuilles tomber à travers de ma porte patio et je me sentais comme elles.

Étourdie par les bourrasques de vent qui me happaient sans cesse.

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Voyager seule, à l’autre bout du monde.

J’ai commencé graduellement à voyager seule en passant quelques jours dans un pays où je savais que j’y connaissais des gens. Rapidement, j’ai compris que ce serait l’une des plus belles expériences de ma vie ! 

 

Rapidement, j’ai eu la piqûre et j’ai décidé de recommencer l’été dernier dans des pays faciles (je dis « faciles» sans jugement, mais c’était plus facile pour les déplacements, la langue et selon mes standards personnels). C’est suite à ce voyage que j’ai décidé que je ne me mettrais plus aucune barrière pour voyager seule. C’est un peu comme ça que je me suis, out of the blue, a réservé un billet pour la Chine en 2019. Un mois. Seule. La Chine. Littéralement l’autre bout du monde (!!!) Oui. J’achète toujours mes billets d’avion sur des coups de tête, mais celui-là était un peu plus spontané que les autres. C’est vraiment par après que j’ai commencé à me poser la question à savoir si c’était une bonne idée, surtout quand mon entourage remettait en doute ma spontanéité, mais il n’était plus question de changer d’avis. 

Au cours de mon voyage, j’ai beaucoup réfléchi à ce qui m’amenait à voyager seule. On m’a demandé si c’était pour fuir quelque chose. Passer la période des fêtes sur un autre continent, mais pourquoi ? J’ai réalisé qu’au contact des gens, je devenais une meilleure personne. Tellement cliché, je sais. Je deviens plus patiente. Plus ouverte aux différences (je te le jure qu’il faut être ouverte d’esprit quand tu voyages en Chine). J’apprends à marcher le regard en avant et dire bonjour aux passants. J’apprends à aborder d’autres touristes, à me faire des amis à partir d’un simple « Where are you from? ». J’apprends aussi à lâcher prise. Si mon plan ne fonctionne pas, j’en suis la seule affectée, c’est loin d’être la fin du monde ! Je suis plus encline à dire oui. Oui à des expériences nouvelles, oui à des choses qui me font sortir de ma zone de confort, oui aux gens, oui, oui et oui ! Voyager seule peut certainement être synonyme de stress par moment, mais c’est un moment où tu apprends beaucoup sur ta personne, sur ta capacité d’adaptation et c’est une expérience qui sera mémorable c’est certain. 

Lors de ce dernier voyage, j’ai beaucoup appris sur moi encore une fois, mais également sur un pays sous-estimé. La Chine regorge de visites culturelles, de paysages, de grandes villes, de musées, etc. C’est un très grand pays relativement facile à visiter malgré la barrière de la langue. C’est sans aucun doute très différent de notre réalité et de notre quotidien, mais ô combien enrichissant ! 

Ce voyage aura été magnifique ; ponctué de rencontres inoubliables, de paysages à couper le souffle, de repas étranges et inconnus et de découvertes. J’ai vu énormément de choses qui m’ont choquées, bouleversées, fait rire, donné le haut de cœur, c’est une expérience en soi et c’est ce qui fait qu’un voyage dans ce pays est aussi beau.

Mon dernier billet écrit ici était sur l’environnement, c’est donc sans grande surprise que j’allais en glisser un mot. J’ai été extrêmement surprise par certaines pratiques en Chine. L’utilisation du plastique à usage unique était étonnant et frappant dans certains cas. Je tiens à souligner que je suis consciente de mon privilège et qu’en mentionnant ceci, je pose un regard occidental sur la situation. J’ai dû faire preuve d’un énorme lâcher-prise quant à ma conscience environnementale (très difficile de faire comprendre que tu ne veux pas de ti-sacs quand tu ne parles pas la langue) et je crois sincèrement qu’un voyage de ce type met en perspectives quelques notions déjà acquises pour nous. Voici deux images de choses qui m’ont particulièrement ébranlées. 

 

Bref, je vous souhaite à tous de sortir de votre zone de confort, de voyager seul(e) et surtout de faire des voyages dépaysants.

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Parlons de vagin défectueux

J’ai toujours été très à l’aise de parler de sexe. Pas de tabou dans ma famille quand j’ai grandi, quoi qu’on n’en jasait pas autour d’une lasagne en poussant des blagues salaces. Mais pas de stress, pas de jugement. J’ai des parents (encore) très cool. Pour moi, le sexe et la virginité n’avaient rien de mythique ou de sacré comme dans les films d’Hilary Duff. Ça arrivera quand ça arrivera.

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La chute – Partie 3

Nous étions enfermés à l’hôpital depuis le diagnostic de Clara. Ça faisait maintenant plus de trois semaines. Une fois le cancer identifié, nous avons pu commencer ses traitements. Le fil des événements, à partir de ce moment, est plutôt flou.  Mes souvenirs s’entremêlent et j’ai surtout des flashbacks en tête. Je vois des médecins qui auscultent Clara. J’entends ses cris. Je me revois la tenir immobile sur son lit pendant qu’une infirmière la pique. Deux fois par jour, chaque jour. Je me souviens aussi cette fois où j’ai dû apprendre à la piquer moi-même. Puis les centaines d’autres fois qui ont suivi. Et ses pleurs. Ses pleurs enragés où j’entendais toute son incompréhension et sa colère.

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Il y a deux ans

J’avais envie d’écrire sur le chemin parcouru depuis la naissance de ma fille. Du chemin que j’ai dû faire dans ma tête afin de me sentir mieux. Des larmes et de la peur qui m’a habité pendant des mois suite à son arrivée. Du travail que j’ai dû faire sur moi afin de les laisser partir, afin de laisser place au beau. Et là, je me suis dit « pourquoi tu ne vas pas jeter un coup d’oeil à tes anciens textes pour voir »…

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La chute – Partie 2

En sortant du bureau de la radiologiste ce jour-là, je me rappelle avoir parcouru le chemin jusqu’à la chambre d’hôpital de Clara difficilement. Chaque pas, chaque respiration, me demandaient un effort de plus en plus grand. Arrivée à sa chambre, j’ai regardé par l’immense fenêtre qui donnait sur la rue. Des dizaines de gens attendaient l’autobus sous le soleil de fin journée. Je les observais et je ne comprenais pas. Comment pouvaient-ils continuer à vivre comme si de rien était? Pourquoi est-ce que leur monde semblait tourner encore alors que le mien était complètement figé? Plus la soirée avançait, plus je sentais monter en moi une panique incontrôlable. Ce soir-là, c’est finalement moi que nous avons dû amener à l’urgence. Pour la première fois de ma vie, j’ai levé la main et j’ai demandé qu’on me donne quelque chose. Un médicament, n’importe quoi, pour que ça se calme. Pour que tout ça se calme.

Mon chum et moi avons eu la permission cette nuit-là de dormir les deux auprès d’elle. Je dis dormir pour la forme, puisqu’évidemment, il y a eu très peu de sommeil. Je me souviens de mon téléphone qui nous éclairait chaque minute, au rythme des messages textes qui rentraient. La nouvelle se répandait: la fille de Clo avait le cancer.

Le lendemain, un nouveau pédiatre est venu nous voir. Il nous a pris hors de la chambre. Il a commencé par nous dire qu’il avait lui aussi un jeune enfant du même âge que Clara et que tout ça le touchait beaucoup. J’étais profondément agacée par tous ces gestes d’empathie. C’était plus fort que moi. Je ne voulais pas de compassion, je voulais un plan d’action. Et alors que rien n’allait assez vite à mon goût, la deuxième mauvaise nouvelle, et peut-être même la pire, est difficilement sortie de la bouche du pédiatre; Clara avait les deux poumons remplis de métastases. Ce n’était pas bon. Pas bon du tout.

Quelques heures plus tard, j’ai finalement réussi à m’assoupir. Je me suis réveillée en sursaut lorsque celui qui allait devenir l’oncologue de Clara a pénétré dans la chambre. Il a expliqué qu’avec ce qu’il avait vu sur les imageries, il hésitait entre cinq types de cancers pour le diagnostic précis de Clara. Seule une biopsie allait donc nous révéler lequel exactement Clara avait pigé à la loterie noire du cancer pédiatrique. Malgré tout, pour la première fois en 24h, j’ai enfin pu reprendre mon souffle. Il avait prononcé le mot que j’attendais: traitement. Calmement, il nous a expliqué que peu importe le type de cancer, il y aurait un traitement. Un traitement qu’on espèrerait curatif, mais sans aucune garantie de réussite, bien évidemment. Ça aurait été trop facile autrement. Il nous a aussi expliqué que le pronostic ne serait peut-être pas des plus favorables, mais que peu importe, à partir de maintenant, on devait se préparer pour la guerre. La vraie.

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La Chute

Dans une série de textes, je raconterai pour la première fois les détails de notre histoire. À l’âge de 19 mois, ma fille Clara a été diagnostiquée d’un cancer agressif de stade 4.

Juillet 2017- Les vacances avaient été douces. Nous avions passé les derniers jours à Gaspé, dans ma famille. Entre la plage, l’eau salée et les soupers de fruits de mer, nous savourions, à notre insu, nos deniers moments d’insouciance. Tôt le samedi matin, nous avons repris la route vers Québec le coeur rempli de souvenirs et les poches débordantes de coquillages. Jeanne, alors âgée de 3 ans et Clara, de 19 mois, n’avaient pas bronché du trajet. En arrivant à la maison en fin de journée, Pier-Yves, mon amoureux, a changé la couche de Clara. Surprenament, il a remarqué que sa jambe droite était enflée. Le lendemain matin, comme sa jambe n’avait toujours pas retrouvé sa taille habituelle, nous avons pris la direction de l’urgence pour avoir l’esprit tranquille. De nature plutôt anxieuse, cette fois-ci, étrangement, je ne l’étais pas. J’avais confiance que nous ressortirions de l’hôpital quelques heures plus tard, rassurés. Malheureusement, la suite a été toute autre. 

L’urgentologue qui a ausculté Clara l’a rapidement envoyée passer quelques tests. Au retour, elle nous a posé une foule de questions sur les dernières semaines. Au bout du questionnaire, elle nous a dit préférer relayer le dossier à sa collègue pédiatre. C’est avec l’arrivée de cette dernière que l’innocence a tranquillement fait place à l’angoisse. J’ai soudainement remarqué des regards s’échanger entre le personnel. Instinctivement, je sentais que quelque chose clochait. Évidemment, je n’avais encore aucune idée de l’ampleur de la situation. La pédiatre a tout de suite examiné le ventre de Clara. Froidement, elle nous a dit sentir une masse. Une masse importante. En une fraction de seconde, ma gorge s’est nouée. Paniquée et sur le coup de l’émotion, je lui ai demandé ce que c’était. Elle m’a répondu que ses yeux n’étaient pas des rayons X. J’ai ravalé ma question en même temps que mes larmes. J’ai pris une grande respiration et j’ai demandé si une masse, chez un bébé de 19 mois, pouvait être bénigne. C’est alors qu’elle m’a répondu, du tac au tac, « oui, mais ça peut surtout être malin. » Et c’est là. C’est à ce moment précis, dans un cubicule blanc de l’urgence, que j’ai perdu pied. Commençait alors la plus longue et douloureuse chute de toute ma vie.

Les minutes, peut-être même les heures, qui ont suivi, ont été interminables. Je me souviens de Pier-Yves, mon éternel optimiste, qui me répétait de ne pas paniquer. Je me souviens de ma mère, qui est venue nous porter un lunch que nous n’avons finalement jamais avalé. Je repense aussi à l’infirmier, que j’ai entendu murmurer à sa collègue « nous aurions dû y penser… » En fin d’après-midi, on nous a finalement amenés faire une échographie abdominale. Clara était épuisée. Elle hurlait. Maintenant, nous savons qu’elle pleurait fort probablement de fatigue, mais surtout de douleur. Sans le savoir, son état se dégradait. À son arrivée, la radiologiste nous a dit que nous étions ses derniers patients de la journée et qu’elle prendrait tout le temps nécessaire. Dès qu’elle a fermé les lumières, Clara est tombée endormie sur la table d’examen. Épuisée. Vidée. Pendant de longues minutes, j’ai observé, la boule au ventre, la médecin examiner son petit corps. À un certain moment, j’ai remarqué qu’elle dirigeait sa sonde vers les poumons de Clara. Pour une seconde fois en moins de quelques heures, mon cœur s’est serré. Les poumons? Pourquoi les poumons? On m’avait pourtant seulement parlé d’une masse au ventre. Cette fois-ci, je n’ai posé aucune question. J’avais déjà tout compris, de toute façon. Lorsqu’elle a eu terminé, elle s’est approchée de moi. Seules les consoles médicales nous éclairaient. Doucement, elle m’a pris les mains et a plongé ses yeux noirs dans les miens. Au fond de moi, j’aurais voulu qu’elle ne parle jamais. J’aurais voulu que ce moment devienne éternité pour ne jamais l’entendre prononcer l’imprononçable. Mais les mots tant redoutés sont finalement sortis de sa bouche. « J’ai vu la masse au ventre. Elle mesure 7 cm. C’est très gros, malheureusement. C’est ce qui a causé une phlébite dans la jambe droite de Clara. » Elle a pris une grande respiration et a continué « Il faudra faire une biopsie pour déterminer la nature exacte de la masse. Mais à l’œil, je peux déjà vous confirmer que c’est malin. Clara a un cancer. » Et dans la noirceur de cette petite salle, les larmes ont roulé sur mes joues en silence. J’ai senti ses mains serrer les miennes et j’ai vu ses yeux s’embuer à son tour. Elle n’a pas parlé des poumons. C’était assez pour aujourd’hui. Nos cœurs étaient saturés. 

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