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Coups de gueule

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Minimalisme, zéro déchet, parentalité simplifiée, etc.

Minimalisme, zéro déchet, parentalité simplifiée, désencombrement, éco-responsabilité, achat-seconde main et végétarisme, tous des mots qui résonnent en moi bien fort.

 

Tous des mots qui, à leur façon, me cause un peu d’anxiété. Parce que je n’y arrive pas. Et que je ne sais pas si j’y arriverai. Parce que c’est beaucoup tout ça. C’est peut-être trop en même temps? Trouvez-vous, vous aussi, que c’est beaucoup? Je ressentais le besoin de mettre ces mots sur papier afin de me rassurer, d’intellectualiser, de me dire que c’est pas grave. Parce que c’est un peu ce que l’on fait, on explique les choses et nos comportements afin de nous permettre de les poursuivre encore un peu plus longtemps, jusqu’à ce que l’incongruence entre nos pensées et nos actions soient trop grande à porter. Nous avons tous la compétence d’atteindre ces mots, ce qu’ils signifient, ce qu’ils prônent, mais nous ne sommes pas tous rendus à la même place dans leur application. Et j’aurais le goût de nous dire que c’est correct. Parce qu’un peu de tous ces mots-là mélangés vaut peut-être mieux qu’aucun d’entre eux. En choisir un et le faire super bien, est-ce mieux? En choisir deux ou trois et les faire «à peu près», est-ce que ça passe aussi? J’ignore quel est le meilleur choix. J’aurais tendance à dire «celui qui durera pour toi». Celui que tu débuteras et que tu continueras d’appliquer peu importe l’humeur de ta journée parce que tu n’y réfléchiras plus, parce que ce sera rendu comme ça. Tout simplement comme ça.

 

Mais tout ça, ça demande de l’effort. Un regard conscient sur soi, ses actions, son attitude. Et c’est pas toujours facile de faire ce travail là, de reconnaître que ce que l’on faisait avant ce n’était peut-être pas la bonne affaire finalement et que là pour la faire, la bonne affaire, il faudrait changer notre perspective des choses. Ça demande de la motivation, une grande conviction, une minimisation de l’impression de privation que notre cerveau nous laissera miroiter si on décide de les mettre en application.

 

Selon moi, la première étape, c’est la réflexion et c’est ce que je fais ici avec vous aujourd’hui. Je réfléchis à ce que je veux avoir dans ma vie. Je me laisse le temps de vraiment croire que je ne perdrai rien si je change mes habitudes. Surtout, j’essaie de ne pas me sentir coupable de penser que je pourrais perdre quelque chose. Nous avons été élevés avec certaines croyances qui a l’époque où elles nous ont été enseignées n’avaient pas été re-questionnées. Questionnons maintenant. Soyons indulgents.

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Porter le poids du monde sur ses épaules

Je souffre de troubles anxieux généralisés et d’attaques de panique depuis plusieurs années. Depuis un âge où tu t’imagines que les enfants sont heureux et n’ont aucun souci. Moi, ce n’était pas mon cas. L’anxiété de séparation que j’avais vers l’âge de 10 ans laisse maintenant place à l’anxiété généralisée qui paralyse parfois mon petit être tout entier.

Aujourd’hui, j’accepte de plus en plus la maladie invisible qui a fait son nid dans ma tête et qui a choisi mon corps comme maison. Il n’y a pas de recette miracle pour que notre société accepte et perçoive la maladie mentale comme une réelle maladie et pour que les gens qui en souffrent se sentent un petit peu mieux. Ce n’est pas en agitant une baguette magique, qu’on sensibilisera les jeunes, les moins jeunes et l’ensemble de la société à l’importance de la prévention et de l’acceptation des maladies mentales.

 

Alors maintenant, j’utilise toute mon imagination afin de t’illustrer la réalité des gens qui vivent avec un petit monstre comme le mien au quotidien (à noter que les maladies mentales se traduisent d’un million de façons et qu’elles affectent les gens à différents niveaux, différents degrés et de différentes manières) :

 

Certains jours, je me lève d’une bonne nuit de sommeil et j’ai l’impression que je dormirais toute la journée encore. J’ai l’impression de porter le poids du monde sur mes épaules. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre «me semble que tu dors tout le temps » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Y’a des jours où je reproche toute sorte de petits détails à mon entourage et que je ne m’en rends même pas compte. Je projette sur eux tout l’inconfort que je vis intérieurement. Je dirais que c’est l’aspect qui me fait le plus de peine dans mon trouble, de faire vivre mes mauvaises journées à mes proches, qui eux, n’ont absolument rien demandé. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Parfois, j’entre dans une salle dans laquelle il y a quelques personnes et je m’imagine tous les pires scénarios qui pourraient m’arriver. J’ai soudainement des sueurs froides qui me coulent sur le visage et j’ai envie de me faufiler entre les lattes du plancher. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Y’a des nuits où je me réveille, le cœur qui pompe, qui bat la chamade, les jambes engourdies et à demi-consciente. Le petit monstre fait des siennes pour me rappeler qu’il est toujours là. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Je suis incapable de m’endormir, puisque je m’imagine des histoires et des scénarios qui n’arriveront probablement jamais, mais qui m’active et m’occupe le cerveau pendant plusieurs heures. Je suis consciente que c’est impossible, mais ça m’habite l’esprit quand même, malgré mes mille tentatives de les chasser. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

La plupart des petits incidents ou des petits évènements quotidiens sont amplifiés (positivement ou négativement, dépendant de leur nature). Je vis toutes mes émotions et mes sentiments à 100 mille à l’heure et c’est parfois très épuisant. Par exemple, si je ne suis pas 10-15 minutes en avance aux endroits où je suis attendue, cela devient une énorme source de stress pour moi, même si je sais fort bien que je ne serai pas en retard. Une mauvaise note à l’université me donne l’impression que je n’obtiendrai jamais mon bac et que je suis une mauvaise personne. Pourtant, je me tue quotidiennement à rappeler à mes élèves que les notes et les résultats académiques ne nous définissent pas et ne nous définiront jamais, qu’on vaut plus qu’un chiffre inscrit sur un bout de papier. Ironique n’est-ce pas ? Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

J’ai souvent des nausées, des chaleurs et des tremblements qui traduisent physiquement ma maladie invisible, pas si invisible que ça finalement. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Il n’est pas rare que j’aie des difficultés à me concentrer parce que mon cerveau est occupé à penser à des scénarios et des histoires qui n’auront jamais lieu. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Souvent, mon cœur s’emballe et je dois arrêter tout ce que je fais, car j’ai l’impression que je vais mourir. Pourtant ce symptôme est tout à fait normal et il s’appelle de la Tachycardie. Non, ce ne sont pas tes commentaires du genre « c’est dans ta tête, arrête » qui vont m’aider à me sentir mieux.

 

Ces symptômes caractérisent ma bibitte à moi, mais il en existe des milliers d’autres qui ne passeront pas avec des « c’est dans ta tête, arrête ».

 

Je le sais que c’est extrêmement difficile de comprendre une situation qu’on n’a jamais vécue. Par contre, un peu d’ouverture d’esprit et de compréhension, ça n’a jamais tué personne et ça aidera certainement les gens comme moi, comme toi et comme nous tous qui se battent quotidiennement avec le petit monstre qui tente d’avoir le dessus sur le bienêtre. Le saviez-vous, au Québec, 10 à 15% de la population en souffre et ça, ça fait beaucoup de monde.

 

Toutefois, il y a du positif aussi. En 10 ans, j’ai appris à transformer mes angoisses en un moteur qui me propulse et me donne le gout de me surpasser. J’ai le gout de me prouver que ce n’est pas l’anxiété qui m’arrêtera dans la vie. Ce n’est pas le cas de tous et c’est pourquoi il est important d’en parler, d’en parler et d’encore en parler.

 

D’ici-là, je vous demande de vous questionner, d’essayer de comprendre et de vous montrer disponibles, s’il vous plait. Vous ne savez pas à quel point ces petites actions, aussi simples soient-elles, peuvent faire une énorme différence.

Crédit photo de couverture: @the_file
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