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Depuis le confinement, je me demande toujours si je dois être productive ou pas. J’ai déjà fait du pain, le ménage dans mes DVD, dans mes CD, j’ai essayé des recettes que je voulais faire depuis longtemps, j’ai fait du pain. Puis après quelques jours, je n’avais honnêtement plus l’énergie et l’envie de ne rien faire. Après quelques jours, j’étais tannée de ces vacances forcées. Combien de fois dans ma vie, je me suis dit que ce serait plaisant d’avoir des vacances et de ne rien faire. On va se le dire rien faire c’est bien plaisant pendant quelques jours, deux-trois mais après ça, ça devient long. Habituellement, pendant des vacances, ne rien faire c’est aller dans un café et regarder le temps passé en le buvant ce café, c’est de sortir et aller au cinéma, mais là ces rien faire on ne peut pas les faire.

Même la lecture devient redondante je trouve. Ma pile n’a pas vraiment descendu depuis le début du confinement. Je me suis trouvée des « activités » pour me sentir plus productive. Comme je l’ai dit, j’ai fait le ménage de mes DVD. J’ai laissé dans la bibliothèque ceux que je voulais garder puis j’ai fait deux piles avec les autres, une à vendre et l’autre des peut-être. Puis je me mise à écouter la pile des peut-être, j’ai un peu l’impression d’être productive puisque je fais le tri de ceux que je vais garder ou pas en même temps. J’ai décidé d’aller passer mon confinement chez mes parents pour être plus près de ma famille, surtout qu’on venait de vivre de grande épreuve une semaine avant de perdre mon emploi. Pour moi c’était donc plus logique de changer d’endroit, mais ce n’est pas nécessairement plus facile. Mon père ne voit pas le confinement de la même façon que moi, surtout qu’il continue de travailler, mais de la maison. Si la cohabitation est difficile ici, je n’ose pas imaginer ce que ça peut être d’avoir des enfants à temps plein, ou de le vivre seul.

Mais qu’on se le dise, on ne devrait pas se mettre de pression à être productif à tous les jours et à toujours être occupés pendant ce confinement. Dans la vie normale de tous les jours, il y a des hauts et des bas, je ne vois donc pas pourquoi on se force tellement à seulement avoir de bonnes journées pendant la pandémie. Si une journée, le simple fait de prendre une douche est quelque chose de productif, je ne vois pas en quoi ça devrait déranger. Chacun à sa façon de vivre les épreuves dans la vie, chacun à sa façon de gérer le stress et de vivre cette situation. Qu’on reste dans notre lit ou sur le divan au lieu de faire le ménage des armoires ne devraient pas être mal vu. Ces temps sont stressants. Je ne suis pas une experte de santé mentale, loin de là, mais je crois que chacun a besoin d’exprimer à sa façon son stress. Tant mieux si pour vous faire le grand ménage dans la maison ça vous aide, mais n’aller pas juger la personne qui n’a pas été capable de se lever de son lit de la journée ou qui n’a pas été assez productive selon vos standards.

Mes piliers pendant ces moments plus difficiles, c’est mes amies avec qui je parle à tous les jours, avec qui je Facetime quand ça bien ou moins bien. Celle qui même si elles ne sont pas en accord avec mes visions, m’écoutent sans juger et me donnent leurs avis ou leurs trucs pour m’aider à aller mieux. Donc, si vous avez de la difficulté à passer à travers ce moment particulier de nos vies, allez chercher de l’aide auprès des gens qui vous aiment ou aux près d’aide extérieure.

Je vous souhaite de trouver un peu de beau et de calme malgré tout ce qui se passe en ce moment.

Mélissa Durocher