Dernièrement, j’ai pris le temps de lire les textes d’Anick Lemay et de regarder les vidéos de Johanne Fontaine, toutes deux atteintes du cancer.

J’ai toujours eu une peur bleue du cancer. Je regarde ces femmes le combattre avec ardeur et positivité et j’ai le goût de pleurer. Parce que je les trouve fortes. Parce que je les trouve belles. Et parce que je n’ai aucune espèce d’idée de comment j’arriverais à gérer ça si ça m’arrivait. Parce qu’on fait toujours un peu ça, se projeter dans les histoires des autres. Se demander qu’est-ce qu’on aurait fait à leur place ou comment on aurait réagi. J’espère ne jamais avoir à répondre à ces questions, mais avec cette maladie qui prend pour maison de plus en plus de corps et de têtes chaque année, comment ne pas se les poser? Surtout, comment ne pas avoir l’air ingrate d’écrire ce texte, moi jeune, presque trentenaire en santé. La vie m’a durement écorchée récemment. Elle m’a presque quittée. Bref. Mais quand la santé revient, on oublie qu’elle peut repartir. Que ce n’est pas pour la vie la santé. Que ce n’est pas gratuit ni acquis. Qu’il faut essayer de la préserver et que même si on fait de notre mieux, du jour au lendemain, elle peut nous être arrachée.

Étant maman, cela prend toute une autre dimension pour moi maintenant. Je me demande, ma fille, je vais la voir grandir? Est-ce que je vais avoir le privilège de l’accompagner à la maternelle? Plus, tard, de la voir déménager et de lui donner sa première plante? Être témoin de ses bons coups, l’aider à surmonter les plus difficiles et à toujours voir du beau dans la vie? Tant de questions. Tant de moments que je veux vivre auprès d’elle. Auprès d’eux. Parce que devenir maman, c’est aussi regardé son conjoint découvrir son rôle de papa, voir sa famille évoluée afin d’y laisser entrer un nouvel être et lui faire de la place. Passer de deux à trois.

Les nuages seraient beaucoup trop loin pour que je puisse bien distinguer leur visage.

Il ne faut pas vivre dans la peur. Surtout pas avec la peur de mourir. Quel genre vie ce serait? Celle où l’on vit chaque jour comme si c’était le dernier? Impossible. On ne peut tout simplement pas se le permettre. Alors on suit le cours des années. Comme on le peut. Comme on le veut. En se disant qu’on a le temps. Qu’on a don ben le temps. Oui, mais dans le fond pas tant que ça en même temps.

Profitons de la vie, de son intensité, de ses hauts et ses bas. Du doux et du moins doux. Parce que la vie c’est la plus belle chose qui peut nous arriver, même si par moment elle est laide.

P.S: Les textes d’Anick Lemay se retrouvent sur le site d’Urbania et les vidéos de Johanne Fontaine sur sa page Facebook (: