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Je ne pense pas qu’il y existe une situation parfaite et idéale pour être confinés en temps de pandémie mondiale. J’ai le cœur en compote quand je pense à celles emprisonnées entre les quatre murs d’une maison qui leur apporte tout sauf du réconfort. Je pense aux parents qui perdent le sommeil à trouver comment y arriver. Je pense aux aînés. Chacun dans sa petite bulle d’incertitude et de peur.

J’habite avec 4 animaux de compagnie. Célibataire, sans emploi, anxieuse et en mal de chaleur humaine. Je me suis longtemps dit que je n’avais pas le droit de m’apitoyer sur mon sort. De me plaindre de mon célibat, que la terre tourne difficilement rond ces temps-ci et que mon statut était le moindre problème sur cette planète contaminée. Mais, seule avec ma tête, je me donne le droit, le temps de choisir des mots, de dire que c’est difficile.

N’empêche que la nuit j’ai froid. La nuit j’aimerais avoir le souffle de quelqu’un dans mon cou pour me rassurer que, dans le fond, ça va bien aller. Ne pas avoir à croire des arcs-en-ciel inconnus, mais bien l’être aimé. Me réveiller chaque matin sur la peau de quelqu’un qui rendra peut-être cette journée moins banale et paralysante que la précédente.

Je jalouse ceux qui peuvent s’offrir une promenade en duo, comme une lueur de liberté rappelant les escapades desquelles on se nourrit l’été. Je hais ceux qui peuvent poser leur tête sur une épaule familière le temps d’une file d’attente devant le PA. Ceux qui ont le droit, sans attirer critiques et colères, de poser leur bouche le temps d’un baiser qui n’a pas les conséquences d’une bombe nucléaire. Je détourne le regard lorsque je vois deux mains s’entremêler. J’envie ceux qui, le temps d’une nuit, oublient la peur, la paranoïa, la panique populaire et l’incertitude, le temps d’un orgasme.

Parce que vivre seule en temps de confinement, c’est aussi contrôler ses tempêtes mentales comme une grande. C’est tenter de retrouver un peu de pouvoir de séduction à coups de swipe droits faits dans le vide. C’est des flirts envoyés à l’envolée, mais qui ne verra jamais le jour (ou la nuit). Le silence du confinement, c’est long longtemps.

Aujourd’hui, j’ai le droit de chialer, anyway j’ai juste ça à faire, encabanée. Aujourd’hui, je me permets de rêver aux palpitations des premières dates, de la première nuit, des respirations synchronisées, du premier fou rire et des regards enflammés qui n’auront pas à voyager 2 mètres avant de trouver bon port.