deadflowers

11 mars 2020, t’es partie. Comme ça dans une ambiance sereine et remplie d’amour. On était tous avec toi, on t’a parlé, on t’a dit qu’on t’aimait et on a versé beaucoup de larmes. Ça s’est passé vite quand c’est arrivé et même si on s’y était préparé, ça a fait mal. Puis ensuite, le confinement est arrivé. Ça commençait déjà avant que tu partes pour les gens qui revenaient de voyage, mais ce n’était rien de gros encore. On a commencé à préparer les choses pour te dire au revoir, puis les consignes ont commencé à être plus sévères. On a fait un petit rassemblement très privé le dimanche et on devait te dire notre dernier au revoir le samedi d’après. On a finalement dû prendre la décision de reporter. Tes sœurs et les gens qui seraient venus ont pour la plupart plus de 70 ans, ça n’aurait pas été sage de notre part. De toute façon, reporter les funérailles ça nous a fait rire, tu ne voulais rien et c’est presque ce que tu as réussi à avoir. T’auras presque eu le dernier mot jusqu’au bout.

Puis la semaine d’après, j’ai perdu temporairement mon emploi. C’était un peu comme lorsqu’on a appris ta maladie. Je venais de me faire « flusher » par u garçon que j’aimais vraiment. Tu ne fais pas vraiment ton deuil de la relation quand deux semaines que ta grand-mère a un cancer et qu’elle va mourir dans les prochains mois parce qu’il n’y a pas de traitement possible. C’était un peu la même chose, cette fois-ci t’étais partie, mais je devais me revirer et prendre la décision de ce que j’allais faire puisque je n’allais plus avoir d’emploi pour les prochaines semaines, voire mois. J’ai donc dû mettre mes émotions de côté et faire mes valises. C’était quand même plus simple de revenir chez maman et papa, même si tu n’étais plus là. Ça faisait quand même quelques mois que je passais tous mes week-ends avec toi ici. Ça allait mieux que je croyais, j’avais toujours quelque chose à faire pour m’occuper dans les premiers jours. J’ai fait de la cuisine, j’ai rangé mes vêtements pour ne pas vivre dans une valise, j’ai commencé le ménage puis j’ai trouvé les recettes que tu m’avais écrites et c’est la première fois que j’ai repleuré pour toi.

Puis vient le moment où pendant le confinement, tu « pognes » le creux et t’as du temps pour penser, c’est pas mal là la deuxième fois que les larmes se sont remises à couler, c’était quand même la journée de fête. J’avais déjà réalisé que tu ne serais pas là pour la fêter, mais en me réveillant ce matin, c’était vrai. Et là le coup de grâce s’en vient, demain c’est Pâques, la fête que tu croyais pouvoir vivre une dernière fois. Dans les débuts, tu ne croyais pas te rendre à ta fête, puis après à Noël, mais réussir à atteindre ces deux évènements, ça t’avait donné l’espoir de pouvoir en vivre une dernière. Malheureusement, tu nous as quittés trop tôt pour manger du sucre avec nous. Mais je ne crois pas que tu aurais aimé le temps dans lequel nous vivons en ce moment. Mais sache que demain, tu seras dans mes pensées et dans mon corps et qu’en quelque sorte, ce sera ta journée.

Le confinement laisse aussi le temps de faire le ménage dans tes affaires. Tu ne serais certainement pas en accord avec toutes les décisions qu’on a prises pour tes affaires, mais sache que je vais prendre soin de toutes les petites choses que j’ai gardées et que je vais encore plus apprécier mes lectures. Mais ces lectures, je les reporte, j’ai trop peur des larmes qui pourraient réapparaitre. Je fais un peu la même chose avec tes films et tes émissions.

Un deuil, ce n’est déjà pas une chose facile à vivre. En confinement, c’est une des choses les plus bizarres à vivre. Mes pensées vont à tous ceux qui doivent eux aussi le vivre dans des moments spéciaux comme ceux-ci.

Ce texte, c’est un peu comme un exutoire pour laisser aller un peu de la peine que j’ai que tu ne sois pas là.

Ma Janine d’amour, je t’aime et tu me manques !